Fauste se dévoile avec « Hardcoeur » son premier EP dans une électro-pop contrastée

Fauste vient de présenter son premier EP solo « Hardcoeur », six morceaux qui battent au rythme des contradictions : tendre et brutal, fragile et incandescent, intime et extravagant. Chaque chanson est une page d’un journal intime, où l’amour se crie, où la douleur se romantise et où la mélancolie se met à danser.


Fauste y raconte des fragments de l’intime : la peur de se perdre (Paresseuse), les cicatrices du chagrin (Cortisone), la révolte contre les mauvais garçons (Vilaine fille), le réconfort des mots doux (Haïku), la beauté chaotique de grandir (Toutes mes dents), le vertige du désir (Hardcore). Ce sont des confessions chantées, parfois chuchotées, qui se muent en exutoires lumineux. 

Musicalement, Hardcoeur navigue dans une électro-pop contrastée, où les nappes de synthés éthérées se frottent à des basses viscérales, où un piano saturé peut céder la place à un reggaeton chaloupé. C’est une fée Clochette révoltée qui danse sur des battements mécaniques, entre l’envie de pleurer et celle de danser. 

L’univers visuel, baroque et maximaliste, prolonge ce contraste : drapés somptueux, silhouettes en dentelle, tableaux scéniques où l’exubérance rencontre la vulnérabilité. Fauste revendique une esthétique qui ose l’excès, parce que c’est sa manière à elle de se donner du courage et de libérer ses tabous. 

Avec Hardcoeur, Fauste propose un talisman qui transforme les failles en armures et les passions en hymnes. Fauste y chante les coups durs et les coups de je t’aime, les amours qui mordent et ceux qui recousent. Un disque de contradictions assumées, qui invite à entrer dans un monde où la déprime devient une danse et la vulnérabilité une force. 

On voulait plus particulièrement attirer l’attention sur « Paresseuse » 

« Paresseuse » est une confession nocturne, un autoportrait maquillé d’ironie et de paillettes qui craquent sous la lumière des réverbères. C’est le récit d’une fille qui s’invente forte et flamboyante pour mieux cacher sa boule au ventre, qui aligne les petits mensonges comme des perles sur un collier fragile. 

Derrière la dentelle posée sur ses plaies, derrière les cocktails et les sourires aguicheurs, Fauste cache une fragilité qui cherche à s’oublier dans la nuit parisienne. La chanson dépeint ce paradoxe : se sentir jolie même quand le maquillage coule, se proclamer sexy même quand les larmes débordent. La lune, témoin silencieuse, regarde cette danse effrénée entre solitude et désir d’exister. Le titre du morceau vient du « laçage à la paresseuse », une technique utilisée pour serrer son corset toute seule : on se maintient droite malgré les blessures, on s’invente des artifices pour tenir debout, même si c’est au prix de s’étouffer un peu. «Paresseuse» dit aussi le désenchantement d’une ville pourtant pleine de promesse : Paris qui pue, Paris qui pleut, les fêtes qui usent, les illusions qui s’effondrent. On comprend que derrière le jeu de séduction et l’attitude fière, il reste une seule quête : essayer d’être heureuse, tout simplement. 

Avec ses refrains hypnotiques et ses couplets désabusés, le morceau trace une ligne entre insouciance et mélancolie. C’est une chanson miroir, où beaucoup se reconnaîtront : le besoin de plaire, le poids des regards, la fatigue de jouer un rôle et le vertige de s’avouer imparfaite.