Et si lâcher prise commençait par accepter de ne pas tout maîtriser ? C’est l’une des questions qui traverse « Fou », le premier mini-album de Jérémie Arsenault. En cinq morceaux, l’artiste québécois navigue entre néo-soul, pop alternative, électro et chanson, avec une musique aussi sensible que généreuse.
Amour, anxiété sociale, deuil, vulnérabilité : les chansons de Jérémie partent de situations très personnelles pour évoquer des sentiments plus universels. « J’attends » capture l’excitation fébrile d’un premier amour ; « Monstre caché » raconte le désir de disparaître dans la foule ; « Aimer la pluie » offre une respiration plus douce, tandis que « Mon ombre » confronte la perte et les questions que pose la mort.
Le disque ne s’installe pourtant jamais dans la mélancolie. Les arrangements jouent constamment sur ce contraste entre gravité des textes et énergie musicale. Les harmonies vocales, les synthétiseurs, le piano et les rythmes dansants donnent au projet une dimension presque cathartique. Jusqu’au morceau-titre, « Fou », qui fait monter progressivement la tension à coups de batterie effrénée et de cordes distordues, avant de libérer toute cette énergie dans son final.
Quelque part entre Jordan Rakei et la nouvelle scène francophone québécoise, Jérémie Arsenault dessine une pop organique et cinématographique où l’on peut aussi bien danser que s’arrêter quelques minutes pour regarder ce qui se passe en soi. « Fou » porte finalement bien son nom : un disque sur la pression, le désir de contrôle et le moment où il faut accepter de le perdre.
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