Dans le paysage créatif contemporain, rares sont les démarches où la matière et le son s’entrelacent avec évidence. Autrice, compositrice et interprète française, Tennin a forgé son identité dans un espace sonore hybride, au croisement de la pop alternative, de l’indie R&B et d’un trip-hop vaporeux. Remarquée pour ses publications sur le label parisien Kitsuné Music, son single paru sur la structure du pionnier Tricky (Massive Attack), ou encore ses performances scéniques aux côtés de la rappeuse sud-africaine Dope Saint Jude, l’artiste indépendante poursuit une quête d’expression affranchie. Alors qu’elle investit la musique à l’image avec la bande originale du court-métrage féministe I Might Regret This, elle ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre : la création de Tennin Jewel.
Cette collection capsule de bijoux artisanaux propose un projet de marchandisation original. Elle naît d’un besoin de matérialiser son univers musical, d’ancrer le chant dans le bronze et la mémoire. Soucieuse de donner du sens à sa démarche tout en rendant hommage à ses racines africaines, Tennin a imaginé une passerelle entre la France et le Sénégal. Pour concrétiser cette vision, elle collabore directement avec Ndioba, artisan maître au sein du village artisanal emblématique de Saly. De son atelier, le bronze brut est dompté au feu et façonné à la main. De ce dialogue instinctif naissent des objets porteurs de la trace du geste, imprégnés de lumière et d’histoire.

Au cœur de cette symétrie sculpturale se dresse une figure totem : le cauri. Ancien coquillage monnaie, symbole d’abondance, de fécondité et de protection, il s’invite ici comme un vecteur du féminin sacré et de la bienveillance spirituelle. Transformé en bagues et colliers notemment, le coquillage devient un talisman pensé pour révéler la lumière de celle ou celui qui le porte à même la peau.
En offrant ces pièces forgées dans la terre et traversées par l’Histoire, Tennin prolonge l’intimité de sa musique. Une invitation poétique à porter sur soi un fragment d’héritage, d’engagement et d’identité.

Crédit photos : Mathilde Veyrunes