
Sauveur Eloheem, rappeur de provenance parisienne, s’est toujours démarqué avec un son « Dark », mélancolique, introspectif et virulent. Son quatrième album, « Evil », s’impose comme un voyage dans les méandres d’un cerveau torturé mais talentueux. Les pistes s’enchainent à mesure que l’auditeur entre dans un réel univers sonore bien défini, presque spatial.
Même si la ligne directrice est fondée en majorité sur de l’égo-trip et la violence pure, on y décèle une poésie noire mais toujours sincère.
Très « Trap », l’EP peut s’écouter tout seul, d’une traite. L’auditeur, est plongé dès la piste introductive terminée presque comme dans un vaisseau futuriste; à la manière d’un « Stanley Kubrick version Hip-hop. »
Les textes sont abrasifs, incendiaires, sans concessions. Eloheem y revendique sa haine, nous couvre de punchlines incisives sans oublier d’ajouter du propos à ce qui est maintenant devenu sa marque de fabrique !
Parmi les beats très « Trap » et actuelles viennent s’ajouter sur quelques titres, deux précisément, des sonorités très jazzy, une drum-less notamment, sans jamais perdre en cohésion à l’écoute de l’opus. Sauveur s’adonne également à des prises de risques musicales, notamment en faisant le choix d’interpreter deux fois sur la même instrumentale, dans les titres « Triple OG », et « Triple OG, Pt. II ». Un pari réussi !
Il est notable de préciser que Sauveur a réalisé l’intégralité du mixage de l’album. Le titre final, « Ultraviolence », seul morceau clippé du LP, entraine l’auditeur dans une expérience intense, où Sauveur dépeint le monde sinistre et violent dans lequel nous pouvons parfois vivre, et met en exergue certaines causes d’une planète en pleine dégénérescence, en se souciant de l’avenir de la jeunesse.
Sauveur Eloheem réalise selon nous ici sa pièce maitresse, un album solide, intense et cohérent, où l’égotrip s’allie à la revendication avec brio. Nous recommandons !
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