Max Macready dévoile le nouveau clip de « The Hunt »

Max Macready a façonné un univers fictif où la musique s’écoute comme une trouvaille exhumée plutôt que comme une simple nouveauté. Leur nouveau single, « The Hunt », prolonge cette démarche à travers un mélange sombre et propulsif de synthwave, darkwave, musique électronique et post-punk. Le morceau semble émerger d’un futur parallèle bâti sur des bandes magnétiques, des signaux radio et des machines obsolètes. Le duo britannique décrit son travail comme une transmission musicale venue d’un lieu qui n’a peut-être jamais existé, et « The Hunt » rend cette idée particulièrement crédible. Le titre est traversé par une impression de mouvement perpétuel, comme si l’auditeur voyageait entre des mondes lointains tout en cherchant à garder le contact avec une présence hors d’atteinte. Ce caractère rétro-futuriste dépasse le simple parti pris esthétique : il offre un écrin idéal à une chanson qui parle de traque, de signaux brouillés et de la fragilité de nos connexions.

Au cœur du texte réside l’idée de poursuivre une chimère. La chanson saisit le pouvoir enivrant de la quête tout en interrogeant notre obstination à reproduire des schémas que nous savons destructeurs. Le temps, la distance et le besoin de repartir à zéro irriguent le récit, dessinant le portrait de personnages ayant parcouru un chemin immense pour réaliser qu’ils suivaient peut-être la mauvaise fréquence. Cela rend « The Hunt » étonnamment actuel au regard de nos modes de communication modernes. Nous sommes submergés de messages, de notifications et d’opportunités d’entrer en contact, mais la compréhension mutuelle reste insaisissable. Le morceau capte ce paradoxe à travers une métaphore tirée de la science-fiction : un signal peut franchir des distances gigantesques sans garantie que le destinataire saisisse le sens du message. Parfois, la connexion est réelle ; parfois, elle n’est qu’un fantasme inventé par celui qui attend une réponse.

La complicité musicale du duo est indispensable à la réussite du projet. Max Macready se charge de la basse, des synthétiseurs et de la composition, posant l’architecture électronique et la base rythmique, tandis que Kurt Precinct apporte ses guitares, ses textures, son chant et la direction narrative. Ensemble, ils déploient un son qui traverse plusieurs décennies de musique progressive, électronique et cinématographique sans s’enfermer dans un genre. La complexité progressive de Yes et Rush, l’énergie rythmique de The Police, l’atmosphère synthétique de Gary Numan ainsi que la hargne industrielle propre à Nine Inch Nails trouvent toutes leur place dans leur identité. L’empreinte cinématographique de John Carpenter, alliée à la grandeur électronique de Jean-Michel Jarre et Vangelis, se manifeste dans cette capacité à faire de « The Hunt » la bande originale d’un film qui n’existerait que dans l’esprit de l’auditeur.

Cette dimension cinématographique prend corps dans le clip qui l’accompagne, faisant passer l’univers de Max Macready du statut de simple signal radio à celui d’espace physique. Tournée en Cornouailles et sur le site du RAE Bedford — notamment à la station spatiale de Goonhilly, sur la plage de Gwithian et dans la salle de contrôle désaffectée d’une soufflerie —, la vidéo exploite des décors réels pour créer des paysages à la fois terrestres et extraterrestres. La salle de contrôle abandonnée s’avère particulièrement marquante : métamorphosée par de subtils jeux de lumière et des accessoires choisis avec soin, elle devient une baie informatique futuriste aux accents de science-fiction du début des années 1980. Même les effets visuels restent mesurés, laissant les lieux et l’interprétation porter l’essentiel de l’ambiance. « The Hunt » s’impose comme une invitation à pénétrer dans un monde situé quelque part entre la nostalgie de l’analogique et un avenir imaginaire. Le signal gagne en puissance, les personnages ne font plus seulement recevoir une transmission : le voyage est désormais incarné. Le seul mystère demeure de savoir si ce qu’ils poursuivent les attend au bout du chemin.